Vierge philanthrope

Comme elle a l’air paisible
Cette eau tumultueuse,
Dégradée de vert,
Végétation dense.

Merveille du monde.
Forêt équatoriale.
Rivière sonore.

Une percée de jaune tiède
Émerge de ces trous de bleu à l’ouest.
Les lumières de l’est sont plus sereines,
Elles naissent de l’aube ;
Une période où tous les espoirs sont permis,
Un lieu où les origines sont présentes.

Degré de contentement optimal.
Poissons d’eau douce variés et délicieux,
Harmonisation du chef.

Un système qui profite à tout et tous.
Si ceux d’en haut paraissent rayonnés,
Les merveilleuses floraisons terrestres ne sont pas en reste.

Une nature pour laquelle l’être humain doit s’intégrer,
Et non pas des fabrications adaptées à l’Homme.
Un environnement sain
Dont la loi du plus fort ne nous concerne pas.

Et tout ce que l’on voit vit pour les autres.

Dans ces couleurs de crépuscule,
Le temps ne se repose pas ;
Il veille à ce que chacun ait son début
Et sa fin qui ne s’arrête pas.

Eternité illusoire,
L’impermanence arrive.
Ici aussi.

Quiddité

Une Autre Univers,
L’air de rien.

Est-ce possible qu’il soit plusieurs ?
Par exemple trois.
Non, ceci n’est pas humain
Donc c’est Un :

Concept incompris,
Vision incomplète,
Perception inaccessible.

Cet immense Tout
Dont on ne sait rien.
Vacuum vivant
De notre existence incertaine.

Un aspect de l’infini,
Un goût d’éternité,
Une texture d’importance,
Une mesure d’innocence,
Un parfum d’inoubli,
Un esprit de sainteté,

Ah, que l’essence est pure !
O, que sa grandeur est divine !

 

 


Exquise crainte

C’est étrange d’imaginer la mort
Aux origines de la vie.

Dans ce milieu hostile
Peuplé d’être vivants sauvages,
Dit-on.
Il dépend de quoi que l’on en rencontre une
Blessée,
Affamée,
En colère…

Un tel hasard existe-t-il ?
Peut-on être en colère ?

Chez eux les mères sont les plus à craindre,
Elles protègent leurs progénitures.
Toutes !
Attention aux femelles, donc.

Est-ce le fait que nous soyons des animaux rationnels qui nous empêche de conserver un tel instinct animal ?

Chez nous, seules les raisonnables ont de telles pratiques,
Mais sont-elles vraiment dangereuses ?

En qui la raison peut-elle l’emporter sur l’animalité ?
Comment devenir un être équilibré ?
La balance penche-t-elle selon l’environnement ?

Il peut paraître évident que l’harmonisation ne se fait pas si…
Si qui ?
Si notre ego s’éprend d’arrogance,
Si Dieu nous tourne le dos, ou alors…

Et pourtant tout est réversible.
Non, tout ça n’est pas vrai.
C’est une question de présent.

Les animaux vivent l’impermanence,
Les humains ne veulent pas la reconnaître,
Les éveillés la connaissent.

Quand on est ici et maintenant,
Sans passé, sans futur,
Quand l’impermanence se fige là,

L’écart entre le début et la fin se confond,
Alors on voit la mort comme on voit la vie :

Sereinement,
En attendant…


Porte-bonheur

Treize heures de trajet
C’est aussi la durée du vol Kuala Lumpur – Paris
Là, c’est six heures de voiture
Une heure de tout terrain (il vaut mieux)
Six heures de marche pour joindre Hulu Kerawat ;
Si bien que le décalage horaire est le même,
Et ne parlons pas du dépaysement.

Nature oblige.

Cette eau qui coule ici depuis des millénaires,
Ces arbres centenaires voire beaucoup plus,
Sont là pour des sensations uniques
De la notion de temps et même d’espace.

Se retrouver ici enchante les sens
En direction d’un horizon encombré
Par des murs de vie multicolores.

Un papillon susurre à mon genou que
Les rochers sont à leur place
Le soleil donne des reflets
Les bulles sont d’un blanc pur
Les feuilles sont toutes différentes
Les arbres aussi.

Ils s’épanouissent plus ou moins bien
Selon leur entourage
Ils sont tous beaux
D’ailleurs il y en a de très jolis dans la capitale.

Les capitales de rassemblement d’hommes.
Sont-ils identiques ?
Alors pourquoi leur fait-on croire qu’ils ont tous besoin de la même chose ?

Après tout, il vaut mieux que j’évite de penser aux hommes
Ça me rend encore triste
Je préfère essayer de me rappeler Dieu

Un peu d’humilité !
Quoi ?